
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a reconnu ce mercredi sur BFMTV que « l’inflation est indéniablement en hausse », une déclaration qui intervient alors que les prix à la consommation poursuivent leur escalade depuis plusieurs mois. Cette admission marque un tournant dans le discours gouvernemental, jusqu’ici mesuré sur l’ampleur du phénomène.
« Nous observons une accélération des prix dans l’alimentaire et l’énergie, ce qui pèse directement sur le pouvoir d’achat des Français », a détaillé le ministre. Il a précisé que cette tendance, constatée par l’Insee, résulte d’une combinaison de facteurs externes, notamment la guerre en Ukraine et la reprise mondiale post-Covid.
Face à cette situation, le gouvernement prépare un « bouclier tarifaire » renforcé. Roland Lescure a annoncé des mesures ciblées pour les ménages les plus modestes, sans toutefois préciser le montant des aides. « Nous ne laisserons personne sur le bord du chemin », a-t-il assuré, tout en appelant à la responsabilité des distributeurs et des industriels.
Les syndicats et associations de consommateurs jugent ces annonces insuffisantes. « Le gouvernement a tardé à réagir, et les mesures actuelles sont trop limitées pour enrayer la flambée des prix », a estimé une porte-parole d’UFC-Que Choisir. De son côté, l’opposition réclame un blocage temporaire des prix sur les produits de première nécessité.
Sur les marchés financiers, la déclaration du ministre a été accueillie avec prudence. Les analystes anticipent désormais une possible hausse des taux directeurs par la Banque centrale européenne. « Il y a un risque de spirale inflationniste si des mesures structurelles ne sont pas prises rapidement », a averti un économiste de l’OFCE. Le gouvernement promet un plan détaillé d’ici la fin du mois.
