t>

Face à la flambée des prix des carburants, les professionnels du secteur expriment leur inquiétude. Martial, moniteur dans une auto-école de la région parisienne, confie que son entreprise refuse de répercuter la hausse des coûts sur les clients. « On n’augmente pas nos prix parce qu’on sait que c’est une catastrophe pour les gens », témoigne-t-il, soulignant la pression financière qui pèse déjà sur les ménages.
Cette décision, bien que socialement responsable, pèse lourdement sur la trésorerie de l’auto-école. « On absorbe les coûts supplémentaires depuis des mois, mais nos marges fondent », explique Martial, qui gère une petite structure de trois véhicules. Le litre de gazole a dépassé les deux euros dans plusieurs stations, rendant chaque trajet plus onéreux pour les élèves comme pour l’entreprise.
Le gouvernement a annoncé des mesures d’urgence, dont une remise de 15 centimes par litre, mais Martial juge cette aide insuffisante. « Cela ne couvre même pas la moitié de l’augmentation réelle. Les gens repoussent leurs leçons, certains abandonnent le permis », déplore-t-il. Le nombre d’inscriptions a chuté de 20 % dans son établissement depuis le début de l’année.
Les syndicats du secteur réclament une aide ciblée, comme un crédit d’impôt ou une exonération de charges. « Sans cela, beaucoup de petites auto-écoles risquent de fermer », prévient Martial. Il appelle les pouvoirs publics à agir rapidement pour éviter une crise sociale dans ce métier déjà fragilisé par la réforme du permis de conduire.
Malgré les difficultés, Martial reste déterminé à maintenir ses tarifs. « On ne va pas laisser les familles sur le carreau. On va tenir le coup, même si ça devient très dur », conclut-il, espérant une baisse durable des prix à la pompe. En attendant, il encourage ses clients à opter pour des véhicules hybrides ou électriques, mais reconnaît que cette transition reste coûteuse pour beaucoup.
