Recharge électrique : Que Choisir dénonce des écarts de prix jusqu’à 490 %

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Sophie Martin
Économie - 23 Mai 2026

L’association Que Choisir Ensemble a interpellé ce vendredi 22 mai les pouvoirs publics pour exiger une harmonisation et une transparence accrues des tarifs des bornes de recharge pour véhicules électriques en France, dénonçant une « jungle tarifaire » et un accès « insuffisant » dans l’habitat collectif.

Dans une étude menée entre le 1er et le 21 avril 2026, l’association a relevé les prix pratiqués par huit opérateurs de mobilité sur 121 points de recharge. « Résultat : sur une même borne, le tarif varie considérablement selon l’application ou le badge utilisé », précise le rapport, qui fait de cette « opacité tarifaire » le « principal enseignement » de ses travaux.

Exemple emblématique cité par Que Choisir : une borne située à Langres (Haute-Marne) sur la N19, pour laquelle « le tarif varie de 0,30 euro/kWh à 1,78 euro/kWh selon l’application ou la carte de paiement utilisée, soit un écart de 490 % ». En zone urbaine, l’écart moyen entre le tarif le plus bas et le plus haut atteint 126 %, pour un prix moyen de 0,63 euro/kWh ; sur autoroute, l’écart moyen s’élève à 72 %, pour un prix moyen de 0,61 euro/kWh.

Ces disparités renchérissent considérablement le coût de la mobilité électrique. Une recharge de 20 kWh (environ 100 km d’autonomie) coûte en moyenne 10,8 euros sur une borne de 22 kW, mais peut grimper jusqu’à 35,60 euros sur une borne plus rapide et plus puissante. À domicile, au tarif réglementé de l’électricité, la même recharge revient à environ 3,80 euros.

L’association souligne par ailleurs que les modalités tarifaires sont souvent « si complexes qu’elles deviennent impossibles à comparer », en mêlant prix au kilowattheure (kWh), frais fixes, coûts à la minute et frais de stationnement.

Que Choisir déplore également « des lacunes dans le référencement des points de recharge et des bornes trop souvent en panne ». Selon l’association, « pour que la voiture électrique soit une solution crédible, les consommateurs doivent pouvoir compter sur un réseau réellement opérationnel ».

En matière d’accès territorial, l’association relève que « l’habitat collectif reste le grand angle mort : près de la moitié des Français vivent en appartement, mais seulement 6 % des immeubles disposant d’un parking sont équipés ».

Face à cette situation, Que Choisir Ensemble réclame « un affichage obligatoire, clair et harmonisé des tarifs », « la généralisation du paiement par carte bancaire » sur les bornes accessibles au public, et « la création d’un site public recensant tous les prix pratiqués aux bornes de recharge ». En 2023, l’association La Ligue de défense des Conducteurs avait soutenu un projet de loi visant à améliorer l’information aux bornes de recharge et aux acheteurs de véhicules électriques.

Ces critiques n’occulent pas les progrès du réseau : selon Que Choisir, « fin 2025, la France comptait près de 2,9 millions de points de recharge, dont environ 185 500 accessibles au public, un chiffre en hausse de plus de 130 % par rapport à 2022 ». L’association juge qu’« au rythme actuel, l’objectif de 400 000 bornes publiques en 2030 est atteignable ». En avril 2026, les modèles électriques représentaient 28 % des achats de voitures neuves des particuliers en France.

📝 Cet article a été réécrit avec l’aide de l’IA à partir du contenu de BFMTV.
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