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La ministre de la Culture a estimé ce mercredi que la réponse de Vincent Bolloré, patron de Canal+, à une tribune critique le visant était « disproportionnée ». Cette prise de position intervient après la publication dans la presse d’une lettre ouverte cosignée par plusieurs personnalités du monde culturel, dénonçant l’influence du groupe Vivendi sur le paysage médiatique français.
Dans un communiqué, le groupe Canal+ avait vivement réagi à cette tribune, qualifiant ses signataires de « donneurs de leçons » et de « passéistes ». La ministre a toutefois tenu à rappeler que « la liberté d’expression est un principe fondamental » et que « toute réponse doit rester mesurée et respectueuse du débat démocratique ».
Interrogée sur le plateau de France Info, la ministre a précisé : « Je trouve que la réponse de Vincent Bolloré est disproportionnée. Il ne s’agit pas de censurer quiconque, mais de rappeler que chacun doit pouvoir s’exprimer sans être agressé. » Elle a également souligné que « le rôle des pouvoirs publics est de garantir un pluralisme sain, pas de prendre parti dans des querelles personnelles ».
La tribune, publiée dans Le Monde, rassemblait une quarantaine de signatures, dont celles d’artistes, d’écrivains et de journalistes. Ses auteurs y dénonçaient « une mainmise croissante » du milliardaire sur les médias, via ses participations dans Canal+, CNews ou encore le groupe Lagardère. Le texte appelait à une « vigilance accrue » des autorités de régulation.
Cette polémique relance le débat sur la concentration des médias en France. Plusieurs voix, y compris au sein de la majorité, se sont élevées pour demander un renforcement des règles anticoncentration. La ministre de la Culture a indiqué qu’elle suivra « avec attention » les travaux en cours sur ce sujet, sans toutefois annoncer de mesures concrètes à ce stade.
