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Chute de la Bourse de Séoul après un post Facebook d’un conseiller présidentiel

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Camille Leroy
Économie - 18 Mai 2026

Rarement un post Facebook aura provoqué autant de remous en Corée du Sud. Dans la nuit de lundi, Kim Yong-beom, le principal conseiller du président coréen, a publié un long article sur ce réseau social esquissant une stratégie pour son pays à l’heure de l’intelligence artificielle.

Kim Yong-beom, un haut fonctionnaire chevronné de 64 ans, plaidait pour la création d’un « dividende national », dont les modalités seraient à débattre, afin de redistribuer les profits à l’ensemble de la population.

L’idée n’a pas du tout plu aux investisseurs de Samsung et de SK Hynix, les deux géants coréens des semi-conducteurs, dont les profits explosent grâce à une demande insatiable de puces pour les infrastructures d’intelligence artificielle. Peu après la publication du texte sur Facebook, le cours de leurs actions a décroché, tandis que l’indice de référence de la Bourse de Séoul a reculé de 5% dans la journée de mardi.

L’émoi suscité a conduit le président coréen, Lee Jae Myung, à réagir en soulignant que le texte publié par son conseiller relevait d’une opinion personnelle destinée à lancer un débat, et non à le trancher. L’auteur lui-même, Kim Yong-beom, a été contraint de préciser qu’il faisait référence à d’éventuelles recettes fiscales excédentaires en cas de boom économique et non pas à une nouvelle taxe sur les bénéfices des entreprises.

La publication de ce texte est intervenue dans un contexte tendu en Corée du Sud. Depuis le début de l’année, les grandes entreprises technologiques du pays publient des résultats financiers exceptionnels. Au premier trimestre, Samsung a ainsi enregistré des profits en hausse de 755% sur un an, tirés par la croissance fulgurante de la demande pour ses puces mémoires à large bande passante.

D’ici la fin de l’année, les bénéfices de Samsung devraient s’élever à 220 milliards de dollars (189 milliards d’euros), en faisant l’une des entreprises les plus rentables du monde, derrière Nvidia. Un autre grand conglomérat, SK Hynix, devrait lui aussi réaliser des profits colossaux (137 milliards d’euros) cette année. Leur dynamique accélère la croissance du pays, dont le PIB progressait au premier trimestre de 3,6% en glissement annuel.

Mais de plus en plus de Coréens estiment qu’ils ne profitent pas suffisamment de cette dynamique. La colère monte au sein même des entreprises concernées. Fin avril, au moins 30.000 personnes ont manifesté devant le siège de Samsung pour exiger une meilleure répartition des profits avec les employés. Faute d’accord avec la direction, ces derniers se dirigent vers une grève générale de 18 jours.

De plus, tout le monde ne travaille pas dans le secteur technologique. Et puisque le reste de l’économie coréenne est nettement moins dynamique que la niche des semi-conducteurs, les revenus de la plupart des salariés ne devraient pas progresser significativement. La forte croissance du secteur technologique tend à masquer les difficultés d’autres secteurs.

De nombreux analystes estiment que l’économie coréenne diverge « en forme de K », c’est-à-dire que les revenus d’une minorité d’entreprises et de ménages bondissent quand ceux des autres stagnent.

C’est notamment à ce problème que le conseiller Kim Yong-beom tentait de s’attaquer dans son post Facebook. Particulièrement bien placée pour fournir les biens essentiels à l’infrastructure de l’IA, la Corée du Sud pourrait entrer dans une « nouvelle phase macroéconomique caractérisée par une forte croissance nominale, des prix relativement stables, une monnaie forte et une hausse simultanée des prix des actifs », note le conseiller.

Pour lui, « le principal problème auquel la Corée est confrontée actuellement (…) réside dans le risque que les profits excessifs générés par l’ère de l’IA n’accentuent structurellement les inégalités sociales » et la « question clé ne réside pas dans les simples taux de croissance, mais dans la manière de stabiliser socialement les profits excédentaires ».

D’où son idée de « dividende citoyen » et « l’utilisation d’une partie de ces profits pour garantir la stabilité sociale », qu’il assimile « à une dépense de maintenance du système plutôt qu’à une simple redistribution ».

À ses yeux, le partage des bénéfices n’est pas tant une question de justice sociale qu’une question d’efficacité économique.

« À l’ère de l’IA, l’aménagement d’un cadre de vie humain et dense devient un facteur de compétitivité nationale », ajoutait-il, en prévenant que la faiblesse de la natalité et le vieillissement de la population (particulièrement prégnants en Corée du Sud) « constituaient les principaux obstacles structurels » aux scénarios de prospérité imaginés.

📝 Cet article a été réécrit avec l’aide de l’IA à partir du contenu de BFMTV.
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