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Hommage à Ruben Torres, mort au Honduras après échec de demande d’asile en France

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Hugo Petit
Société - 22 Mai 2026

Plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées mercredi à Bordeaux pour rendre hommage à un Hondurien de 37 ans retrouvé mort en mars dans son pays, où il était revenu sous l’effet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), faute d’avoir obtenu l’asile en France.

Sur le Parvis des droits de l’Homme, placette située près de l’Hôtel de ville bordelais, une minute de silence a été observée en mémoire de Ruben Torres, en présence notamment de son demi-frère, en larmes. Un portrait du défunt avait été disposé avec quelques bougies allumées.

Arrivé en Gironde en 2024 pour échapper aux menaces d’un chef de gang au Honduras, selon ses dires devant les autorités françaises, il avait vu sa demande rejetée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et la Cour nationale du droit d’asile (CNDA).

« Les droits humains ne sont pas respectés pour les demandeurs d’asile », a déclaré à l’AFP Pierrette Moreno, militante associative âgée de 72 ans. « Il faut que les migrants apportent la preuve du danger qui les menace… Mais ils ne peuvent que faire des déclarations orales ! C’est absurde », a-t-elle déploré.

En septembre 2025, Ruben Torres s’était vu signifier une obligation de quitter le territoire (OQTF), comme l’a dévoilé le journal Libération.

Selon son avocat, Me Pierre-Antoine Cazau, il se sentait « à l’étroit » chez son demi-frère franco-hondurien Émile, où il séjournait. Ne pouvant travailler, il « était entré dans une situation de dépression ».

En février 2026, il avait quitté Bordeaux pour son pays natal avec l’idée de retenter ultérieurement une demande d’asile. « Il a pris le risque de repartir. Son désespoir l’a emporté sur sa peur », résume Me Cazau.

Porté disparu une semaine seulement après son retour à Tegucigalpa, capitale du Honduras, son corps a été retrouvé le 9 mars dans un ravin. Selon l’avocat, la famille conteste l’hypothèse d’un accident, à laquelle l’autopsie a conclu.

Dans sa demande d’asile devant l’Ofpra, Ruben Torres se disait menacé dans son pays par un chef mafieux. Ce dernier, un temps emprisonné pour assassinat avant de s’évader, avait été mis en cause par un témoignage d’Émile, le demi-frère, avant le départ de celui-ci pour la France en 2013.

« Un homme est mort et c’est une tragédie en soi », a réagi auprès de l’AFP Alain Espinasse, directeur général de l’Ofpra. Rejetant le terme de « raté » dans ce dossier, le patron de l’établissement public indépendant a défendu des décisions « prises à l’issue d’un travail d’analyse extrêmement sérieux ».

« À l’issue de l’entretien (avec un agent de l’Ofpra), il n’y avait pas suffisamment d’éléments apportés par le demandeur d’asile pour conclure à la réalité des risques », a-t-il fait valoir. « On n’a jamais 100 % de certitude. Mais l’imperfection d’une décision prise par l’Ofpra est contrebalancée par la possibilité de pouvoir faire appel de cette décision » devant la CNDA, rappelle-t-il.

En appel, cette juridiction a considéré que Ruben Torres n’avait livré « aucun élément permettant d’établir la réalité des événements » qu’il relatait, ses déclarations demeurant « sommaires et imprécises ».

« La décision de la CNDA reflète la très grande difficulté des demandeurs d’asile à prouver les menaces dont ils font l’objet », commente Me Cazau, co-secrétaire général de la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

En 2025, 151 665 demandes d’asile ont été enregistrées en France, avec 78 782 mesures de protection accordées par l’Ofpra et, après appel, par la CNDA.

📝 Cet article a été réécrit avec l’aide de l’IA à partir du contenu de BFMTV.
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