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Soixante-sept agressions liées aux cryptomonnaies ont été recensées en France en 2025, et quarante-cinq depuis le début de l’année 2026, selon les chiffres communiqués par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez à La Tribune Dimanche. Dans cet entretien publié ce samedi 16 mai, il reconnaît que le pays « est un peu l’épicentre de ces nouvelles violences », tout en assurant que les autorités se sont dotées « d’un plan de bataille contre cette délinquance ».
Ces violences sont commises par des délinquants qui « veulent s’emparer de cryptomonnaies en séquestrant les personnes à leur domicile », explique le ministre. Il s’agit, dans certains cas, de « sortes de home-jackings d’une rare violence avec, parfois, des mutilations afin d’obtenir sous la menace le transfert des cryptomonnaies ». Des enlèvements de proches sont également à déplorer.
Laurent Nuñez détaille la stratégie mise en œuvre : « On traque les chefs de réseaux à l’étranger et leurs ‘petites mains’ en France. On fait mieux travailler les différents services de police et de gendarmerie ensemble. On connaît de mieux en mieux ce phénomène hyperorganisé, qui évolue en permanence. »
Le ministre observe une évolution des cibles. Initialement, les agresseurs s’en prenaient essentiellement à des « entrepreneurs en cryptomonnaie visibles », donc des personnes plutôt connues, comme ce fut le cas avec David Balland, l’associé d’Éric Larchevêque. Désormais, selon lui, « ils s’attaquent désormais à tous les possesseurs ».
Il précise également que « les exécutants sont souvent les mêmes qu’on retrouve dans les réseaux de narcotrafiquants ». Les forces de l’ordre ont gagné en réactivité : « Nous interpellons parfois les types repérés sur Internet en vingt-quatre heures », affirme Laurent Nuñez.
Parallèlement à la répression, les autorités mènent un travail de prévention. Le ministre indique qu’elles font « un travail d’information sur les précautions à prendre et d’incitation à la prudence auprès des détenteurs de crypto et leurs représentants ».
Face à cette délinquance hyperorganisée et en constante évolution, la France entend maintenir la pression sur les réseaux, tout en renforçant la coopération entre services et la sensibilisation des détenteurs de cryptomonnaies.
