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Le prochain Mondial de l’Auto, qui se tiendra du 13 au 18 octobre 2026 à Paris Expo Porte de Versailles, promet un affrontement inédit entre les constructeurs européens et chinois. Avec une journée presse le 12 octobre, cette 91e édition réunira les grands noms du Vieux Continent face à une délégation chinoise sans précédent.
La première liste des exposants, dévoilée ce mercredi 20 mai, dessine les contours de cette confrontation majeure. Les marques traditionnelles venues d’Europe, d’Amérique du Nord, du Japon ou de Corée du Sud affronteront une offensive chinoise illustrant la recomposition profonde du paysage automobile mondial.
Pour accueillir ce duel au sommet, le salon mise sur la continuité de son format réduit, tout en affichant de fortes ambitions de fréquentation. En 2024, le Mondial avait attiré plus de 500 000 visiteurs, marquant une hausse de 27 % par rapport à l’édition 2022. En 2026, le rendez-vous parisien conserve ce timing serré de six jours d’ouverture publique.
Nous sommes certes loin du record historique de l’édition 2008, qui avait culminé à plus de 1,4 million de visiteurs, mais le salon s’étalait alors sur deux semaines complètes. À l’échelle du format moderne post-Covid, le Mondial n’a jamais été aussi dense : en 2024, l’intensité quotidienne était supérieure à celle de 2008, avec plus de 106 000 visiteurs par jour public contre environ 95 000 à l’époque.
Dans ce contexte, l’industrie européenne affiche une mobilisation massive, bien supérieure à celle d’il y a deux ans. Alors que le Mondial 2024 comptait 48 constructeurs, l’édition 2026 affiche déjà un plateau équivalent à cinq mois de l’ouverture, ce qui pourrait donner lieu à une grille de départ bien plus dense.
Cette édition matérialise d’une certaine manière l’union sacrée des constructeurs dits « traditionnels », dont la présence est nettement plus forte qu’en 2024. Les géants français Renault, avec Dacia et Alpine, et Stellantis occuperont logiquement le terrain. Stellantis déploie d’ailleurs la quasi-totalité de ses forces, passant de quatre blasons en 2024 à sept cette fois : Peugeot, Citroën, DS, Alfa Romeo, Opel, Fiat et Lancia.
Du côté des constructeurs allemands, le groupe Volkswagen, avec Audi, Skoda et Cupra, ainsi que BMW et Mini seront présents, tandis que Mercedes-Benz signe son grand retour après avoir boudé le Mondial 2024.
Les constructeurs asiatiques hors Chine ne sont pas en reste : les sud-coréens Hyundai et Kia feront front commun, et le japonais Honda s’aligne également face à la déferlante de nouveaux labels. Le numéro un mondial Toyota n’a pas encore confirmé sa présence.
Cette ligne de front entre grands blocs géopolitiques cache une réalité industrielle plus complexe. Sur le papier, l’organisation du Mondial classe Smart, Volvo et Lotus dans le camp du Vieux Continent en raison de leurs origines historiques. Dans les faits, Smart est aujourd’hui une coentreprise détenue à 50 % par l’allemand Mercedes et le chinois Geely, et ses modèles sont produits en Chine. Volvo et Lotus sont quant à elles passées sous le contrôle total de ce même Geely.
En face, la pression chinoise atteint un niveau jamais vu à Paris, transformant le salon en vitrine de sa compétitivité et de ses ambitions à l’international. BYD et sa marque premium Denza, XPeng, et Leapmotor, désormais adossé à Stellantis, seront de nouveau présents. D’autres représentants du premier marché automobile mondial débarquent également.
Geely Auto et Zeekr, les deux marques de Geely qui viennent d’annoncer leur commercialisation en Europe, disposeront d’un stand, tout comme GAC, Aito, 212, EZI, Linktour ou encore le géant Changan, qui débarque avec ses trois labels : Deepal, Nevo et Avatr.
Dongfeng poussera ses pions via sa marque Forthing, sans oublier les utilitaires de Maxus, qui appartient au groupe SAIC comme MG, ou le spécialiste de la mobilité robotisée Pix Moving. Au total, la délégation chinoise aligne déjà 16 constructeurs, soit une explosion du contingent par rapport à la poignée de marques visibles en 2024. Le groupe Chery, avec ses marques Jaecoo et Omoda, devrait également être présent.
Le salon pourra aussi compter sur d’autres acteurs de poids venus d’Amérique du Nord. Ford, après avoir marqué les esprits en 2024 en signant son grand retour à Paris, renouvelle sa participation. Il partagera l’affiche américaine avec le constructeur de berlines électriques de luxe Lucid, qui fera ses grands débuts à la Porte de Versailles. En revanche, Tesla et Cadillac n’ont pas encore confirmé leur présence.
Pour départager tout ce beau monde, le Mondial de l’Auto 2026 misera gros sur l’innovation. En plus d’un centre d’essais classique, le salon proposera une rupture technologique majeure : une zone de test pour véhicules autonomes, du niveau 2+ au niveau 4, en conditions de circulation réelles. Une première pour un salon automobile sur le sol européen, qui permettra de mesurer les performances des différents acteurs.
Cette confrontation historique entre l’Europe et la Chine s’annonce comme le point d’orgue de l’édition 2026. Les organisateurs espèrent attirer un large public, alors que l’industrie automobile traverse une phase de transition accélérée vers l’électrique et l’autonome.
Les visiteurs pourront également découvrir des innovations dans le domaine de la mobilité durable, avec des conférences et des démonstrations en direct. Le Mondial de l’Auto reste un rendez-vous incontournable pour les professionnels comme pour le grand public.
Enfin, l’événement sera l’occasion de mesurer l’impact des politiques commerciales et des alliances stratégiques sur le marché mondial. Les prochains mois verront sans doute d’autres annonces de participation, renforçant encore l’attrait de cette édition 2026.
