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La gestion de l’affaire des laits infantiles a révélé des « lacunes » de l’État français et des industriels, pointées ce mardi 19 mai par un rapport parlementaire qui estime qu’elles doivent « être impérativement prises en compte dans la perspective de futures crises ».
Cette affaire avait débuté en décembre 2025 avec le rappel par Nestlé de dizaines de lots dans une soixantaine de pays, en raison de la présence potentielle de céréulide, une toxine pouvant provoquer des vomissements dangereux chez les nouveau-nés.
Elle s’est ensuite amplifiée avec une cascade de rappels similaires par des industriels comme Danone ou Lactalis, ainsi que par des acteurs de plus petite taille, jusqu’en février dernier.
Le point commun de ces rappels réside dans un ingrédient, une huile riche en acide arachidonique (ARA), fourni par un même sous-traitant chinois. Des familles et associations ont accusé les fabricants d’avoir trop tardé à engager les retraits, et l’État de s’être excessivement reposé sur leur bonne volonté.
« Si on regarde la chronologie, on voit bien qu’il y a eu un problème », a déclaré à l’AFP la députée Mathilde Hignet (LFI-NFP), co-rapporteure de cette mission. Elle explique que Nestlé, après avoir identifié la contamination de l’huile ARA le 24 décembre, n’a informé les autres industriels que le 30 décembre, puis les autorités françaises le 5 janvier.
Avec son co-rapporteur Michel Lauzzana (Renaissance), elle s’interroge sur la « réalité des contrôles mis en place » par le fournisseur chinois, et déplore les « moyens limités des autorités de contrôle », qui conduisent « à se reposer, de manière croissante, sur les auto-contrôles des industriels ».
Les rapporteurs se demandent « s’il n’aurait pas fallu d’emblée rappeler l’ensemble des lots contenant l’huile ARA en provenance du fournisseur chinois », plutôt que d’attendre les résultats des analyses. Ils pointent également la communication « relativement tardive » des autorités, qui ont mis « 17 jours » pour envoyer un message à l’ensemble des professionnels de santé.
Les conséquences sanitaires restent incertaines à ce jour. En France, les autorités sanitaires ont initialement signalé trois décès de bébés ayant consommé un lait rappelé. Pour deux d’entre eux, à Angers et Bordeaux, la responsabilité du lait a toutefois été écartée.
Dans la perspective de crises futures, le rapport émet quatorze recommandations, dont un meilleur encadrement des « matières ajoutées » comme l’huile ARA, le renforcement des contrôles indépendants financés par les industriels, et l’amélioration des procédures d’alerte lorsqu’un aliment destiné aux enfants est en cause.
