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Impôts de production : la France, championne d’attractivité ?

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Hugo Petit
Économie - 21 Mai 2026

La France reste, selon le baromètre EY, la première destination européenne pour les investissements étrangers. Mais derrière ce titre flatteur, le climat se dégrade : le niveau de confiance des investisseurs dans le pays n’a jamais été aussi faible depuis plusieurs années. Toute la politique de l’offre construite depuis près d’une décennie s’est progressivement fissurée depuis la dissolution.

Dans ce contexte, chaque contradiction devient un signal d’alerte. Celle mise en lumière hier par une note de Bercy concerne un vieux mal français : les impôts de production. Ces taxes, typiquement françaises, frappent les entreprises avant même qu’elles ne réalisent le moindre bénéfice.

Vous construisez une usine ? Vous êtes taxé. Vous investissez dans des machines ? Vous êtes taxé. Vous augmentez votre production ? Vous paierez davantage. Le Conseil d’analyse économique l’avait résumé avec une formule restée célèbre : les impôts de production sont des « impôts contre la production ».

Ce système pénalise avant tout l’industrie, les activités capitalistiques, les grandes infrastructures productives. Exactement les secteurs que tous les gouvernements disent vouloir réindustrialiser depuis dix ans. La contradiction devient difficile à ignorer.

On peut se réjouir de l’essor des investissements liés à l’intelligence artificielle, des data centers ou des projets technologiques. Mais cette dynamique ne saurait masquer les difficultés croissantes de l’automobile, de la chimie, de la plasturgie ou encore de la métallurgie.

Le paradoxe est d’autant plus frappant que les baisses d’impôts de production engagées ces dernières années avaient produit des effets tangibles. L’attractivité française s’était redressée, les investisseurs étaient revenus, les implantations industrielles avaient repris.

Puis le mouvement s’est interrompu au milieu du gué. Les promesses de baisse ont été gelées, parfois abandonnées. Résultat : la France continue de prélever près de 100 milliards d’euros d’impôts de production par an, soit quatre fois plus que l’Allemagne et presque deux fois plus que la moyenne européenne.

D’un côté, l’État finance France 2030 et multiplie les annonces en faveur de l’innovation. Emmanuel Macron doit encore dévoiler de nouveaux investissements vendredi. De l’autre, il maintient une fiscalité qui continue de pénaliser l’outil industriel.

Or les investisseurs arbitrent vite. EY le rappelle très clairement : « Ce qu’ils attendent désormais, ce n’est plus seulement des aides, mais de la stabilité, de la lisibilité et de la cohérence. » Un autre phénomène inquiète davantage encore : les grands groupes industriels français regardent de plus en plus hors des frontières, là où se trouvent la croissance, les marchés et parfois une fiscalité plus favorable.

Car si la France devait devenir un pays où la croissance s’étiole tandis que les prélèvements demeurent, le risque serait moins celui d’un décrochage ponctuel que d’un lent désarrimage industriel. Et lorsqu’une économie commence à perdre ses usines, elle finit souvent par perdre bien davantage.

Ce constat interpelle alors que le gouvernement affiche l’objectif de réindustrialisation. La persistance de ces impôts de production, quatre fois supérieurs à ceux de l’Allemagne, envoie un signal contradictoire aux investisseurs. Les baisses amorcées avaient porté leurs fruits, mais leur interruption a brisé la dynamique.

Les effets se mesurent déjà dans les secteurs traditionnels de l’industrie française. L’automobile, la chimie et la métallurgie subissent une pression fiscale qui freine leurs investissements. Pendant ce temps, les projets liés à l’IA et aux data centers bénéficient d’un engouement qui ne compense pas la désindustrialisation rampante.

La France se retrouve ainsi dans une position paradoxale : championne des investissements étrangers, mais avec une confiance en berne et une fiscalité qui dissuade la production. Les marges de manœuvre budgétaires sont limitées, mais la cohérence des politiques publiques est en jeu.

Les investisseurs ne demandent pas seulement des aides, mais un cadre stable et prévisible. Or, les fluctuations des promesses fiscales nuisent à la crédibilité du pays. La note de Bercy met en lumière une urgence : aligner le discours sur les actes.

Au-delà des chiffres, c’est la compétitivité industrielle du pays qui est en cause. Le maintien d’impôts de production aussi élevés risque d’accélérer les délocalisations et de fragiliser le tissu productif. Les entreprises françaises regardent de plus en plus vers d’autres horizons, où la fiscalité est plus douce et la croissance plus forte.

L’enjeu est donc systémique : réconcilier attractivité et fiscalité, innovation et production. Sans une remise à plat de ces impôts contre la production, la France pourrait voir ses usines partir une à une, emportant avec elles emplois et souveraineté.

📝 Cet article a été réécrit avec l’aide de l’IA à partir du contenu de BFMTV.
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