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Messe en hommage à Pétain à Verdun : 5 000 euros d’amende pour l’organisateur

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Emma Bernard
Société - 21 Mai 2026

Un octogénaire qui avait organisé, en novembre, une messe « en hommage au maréchal Pétain » à Verdun (Meuse) a été condamné ce mercredi 20 mai à 5 000 euros d’amende pour « contestation publique de crime contre l’humanité ». Le tribunal a sanctionné ses propos affirmant que le chef du régime de Vichy avait « sauvé » des Juifs.

Jacques Boncompain, 85 ans, président de l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP), était poursuivi pour des déclarations faites le 15 novembre à la sortie de cette messe, devant de nombreux journalistes.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Pétain « a sauvé, devant témoins je peux le dire, au moins 700 000 juifs », avait ainsi déclaré le vieil homme, selon une vidéo mise en ligne par le journal L’Est républicain. Le tribunal a estimé que ces propos constituaient une « minoration outrancière du nombre de victimes de la Shoah ».

Outre l’amende, et dans un souci de « pédagogie et de prévention de la récidive », la présidente du tribunal a ordonné l’affichage de l’intégralité de la décision dans le palais de justice pour une durée de deux mois, après en avoir lu les motivations en audience publique.

La LICRA et l’Observatoire Juif de France se sont félicités d’une décision « exemplaire », alliant « fermeté et pédagogie ». Selon eux, ce jugement « confirme que la justice française, même 80 ans après la fin de la Shoah, ne faiblit pas contre ceux qui nient ou qui minorent la Shoah ».

Jacques Boncompain a toutefois été partiellement relaxé pour une autre phrase prononcée le même jour à Verdun, dans laquelle il déclarait que Pétain était « le premier résistant de France ». Le tribunal n’a pas pu, sur la base des éléments fournis – notamment une vidéo compilant plusieurs propos du prévenu devant l’église – déceler à quel moment cette phrase avait été dite, et donc caractériser l’infraction.

L’octogénaire n’était pas présent à l’énoncé du délibéré, ni son avocat. Joint par téléphone, il a déclaré à l’AFP avoir été condamné « sur des avis qui relèvent de la liberté d’expression », et n’a pas encore décidé s’il ferait appel, souhaitant d’abord en parler avec son conseil.

À l’audience en mars, ni Boncompain ni les deux témoins cités par la défense n’ont nié ou contesté les propos litigieux. Ils les ont au contraire justifiés, citant quatre historiens soutenant la thèse minoritaire selon laquelle Philippe Pétain aurait « protégé les juifs français ». Une vision pourtant dénuée de tout fondement selon de nombreux autres historiens.

« Les Français ignorent tout. Nous sommes encore dans l’esprit de (19)45 et de la vengeance », a-t-il déclaré, maintenant ses propos et estimant, comme il l’avait déjà dit à l’audience en mars, qu’ils ont été prononcés dans un cadre « scandaleux » de « guet-apens » tendu à son encontre par le maire de Verdun, qui avait demandé l’annulation de l’office.

Le tribunal, dans sa motivation, a toutefois réfuté tout « traquenard » – terme utilisé par Jacques Boncompain à l’audience – estimant qu’il avait, en sa qualité de président d’association, volontairement médiatisé l’organisation de la messe dans le but d’attirer de nouveaux adhérents, et que les propos tenus l’avaient été lors d’un « monologue de 45 minutes » devant la presse locale et nationale.

Surnommé « vainqueur » de la bataille emblématique de Verdun en 1916, Philippe Pétain a pris en 1940 la tête du régime de Vichy, qui collabora avec l’Allemagne nazie. Frappé d’indignité nationale en 1945, il a été condamné à mort, une peine commuée en prison à vie par le général de Gaulle. Il est mort en détention sur l’île d’Yeu en 1951.

📝 Cet article a été réécrit avec l’aide de l’IA à partir du contenu de BFMTV.
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