
Une propriété de 400 mètres carrés, située dans le très huppé comté de Marin au nord de San Francisco, est mise en vente sur le site Zillow au prix de 4,85 millions de dollars. Destinée à un cadre aisé de la Silicon Valley, cette offre présente une particularité inédite.
La demeure de plain-pied comprend quatre chambres et cinq salles de bains, perchée sur une colline verdoyante. Elle offre des prestations haut de gamme : piscine à débordement, jacuzzi, mini-golf et une vue spectaculaire sur la baie, le mont Tamalpais et la skyline de San Francisco, le tout sur un terrain de près de 6 hectares.
Cependant, son propriétaire refuse toute transaction en numéraire. Sur LinkedIn, il précise vouloir des actions, et non n’importe lesquelles : celles d’Anthropic, la start-up d’intelligence artificielle à l’origine de l’assistant Claude.
Storm Duncan, banquier d’affaires basé à Miami, voit dans cette propriété californienne une opportunité de s’insérer dans la course mondiale à l’IA.
Cette démarche inhabituelle témoigne d’un changement de paradigme dans la conception de la valeur.
L’intéressé reconnaît le caractère spéculatif de son initiative. Son objectif : séduire un employé d’Anthropic disposant de stock-options mais d’un salaire d’ingénieur standard. Il présente cette proposition comme une « stratégie de diversification », estimant être trop exposé à l’immobilier et pas assez à l’IA, tandis que certains profils pourraient être dans la situation inverse.
L’opération repose sur une valorisation négociée de gré à gré entre les parties. Le propriétaire envisage une base de discussion supérieure aux niveaux observés lors des dernières levées de fonds de la société (800 milliards de dollars), ce qui implique une négociation approfondie et une validation par des conseils financiers indépendants.
Pour rendre l’opération plus attractive pour l’actionnaire, un mécanisme simple est prévu : même après avoir cédé ses actions, il continuerait de bénéficier de 20 % de leur hausse de valeur pendant une certaine période, notamment tant qu’elles ne peuvent pas être librement transférées. L’objectif est que chacun y gagne, en permettant à l’actionnaire de rester partiellement exposé aux performances futures de l’entreprise.
Autre élément clé : l’absence de mobilisation de liquidités. Le propriétaire indique prendre en charge l’ensemble des frais liés à la transaction, qu’ils soient juridiques, administratifs ou immobiliers. L’actionnaire d’Anthropic pourrait ainsi acquérir un actif immobilier de prestige sans apport de trésorerie direct.
Au-delà de son originalité, cette opération répond à une logique patrimoniale selon le vendeur. Pour un actionnaire fortement exposé à une entreprise technologique, l’échange permettrait une diversification vers un actif tangible, historiquement moins volatil et potentiellement générateur de valorisation à long terme.
À l’inverse, le propriétaire immobilier accède à un secteur en forte croissance, avec l’espoir de capter une partie de la valeur future créée par une entreprise positionnée sur un marché stratégique.
Concernant la moindre volatilité de l’immobilier, ce point est discutable. Comme le rapporte le San Francisco Standard, cette maison avait été mise en vente en 2016 pour 10,8 millions de dollars par son précédent propriétaire, avant d’être acquise par Storm Duncan en 2019 pour 4,75 millions.
