Trump reporte son décret sur l’IA, tiraillé entre régulation et concurrence chinoise

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Sophie Martin
Économie - 22 Mai 2026

Donald Trump a annoncé jeudi le report au dernier moment de la signature d’un décret très attendu sur la régulation de l’intelligence artificielle et des risques cybersécuritaires, initialement prévue le jour même. Le président américain a justifié cette décision en expliquant que le texte risquait de freiner la compétition avec la Chine. « J’ai repoussé parce que je n’aimais pas certains aspects », a-t-il déclaré lors d’un échange avec la presse à la Maison Blanche, alors que plusieurs grands dirigeants de la tech américaine étaient attendus pour cette signature.

Ce report ne serait pas uniquement motivé par les réserves de Donald Trump. Selon le média américain Axios, des conseillers influents, dont David Sacks, ainsi que plusieurs dirigeants de la tech, ont critiqué un texte jugé trop contraignant dans un contexte où le président lui-même se montre réticent à encadrer l’intelligence artificielle. Cette décision pourrait prolonger les divisions internes et accentuer les tensions à l’échelle des États-Unis.

Pris entre la volonté de laisser les entreprises d’IA prospérer sans régulation stricte et la montée d’un sentiment anti-IA, y compris dans son propre camp, Donald Trump a tenté un équilibre fragile. Pour l’heure, les « accélérationnistes » semblent l’avoir emporté, sur fond de rivalités d’influence. « Il pourrait s’agir d’arguments de PDG, ou d’égos en général. Dans le milieu politico-technologique, tout le monde se déteste », résume un responsable gouvernemental à Axios.

Le décret, déjà repoussé à plusieurs reprises, prévoyait de soumettre les modèles d’IA les plus avancés à un examen gouvernemental de 90 jours avant leur mise sur le marché. Ce texte aurait acté un virage majeur pour l’administration Trump, qui s’est jusqu’à présent montrée hostile à toute régulation de l’IA, accusée de brider l’innovation des champions américains, comme Google, OpenAI ou Anthropic, face à la concurrence chinoise.

Cependant, l’enjeu sécuritaire a changé la donne, complexifiant la situation. Washington s’inquiète désormais de la capacité des modèles les plus récents à exploiter des failles informatiques à une vitesse inédite, ouvrant la voie à des attaques contre des infrastructures critiques, telles que les réseaux électriques, les banques et les administrations.

Le projet a été en partie déclenché par Mythos, un modèle développé par Anthropic (San Francisco) que l’entreprise refuse de diffuser publiquement pour l’instant, le jugeant trop dangereux. Anthropic n’a accordé l’accès qu’à un consortium restreint d’entreprises, dont Apple, Microsoft et Nvidia, dans le cadre d’un projet baptisé « Glasswing », destiné à renforcer leur cybersécurité.

L’administration Trump présente la procédure comme non contraignante, en rupture avec un décret de Joe Biden de 2023 qui obligeait les entreprises d’IA à transmettre au gouvernement les résultats des tests de sécurité de leurs modèles les plus puissants. Donald Trump avait abrogé ce texte dès son retour à la Maison Blanche.

Toutefois, des initiatives fédérales restent en préparation. Le Bureau du directeur national de la cybersécurité de la Maison Blanche a notamment laissé entendre, lors d’échanges privés, qu’il travaillait sur de nouvelles mesures en matière de sécurité de l’IA, en complément du décret présidentiel attendu.

Ce dossier loin d’être clos continue d’alimenter les débats et de susciter de vives discussions au sein de l’administration américaine, entre partisans d’une régulation accrue et défenseurs d’une innovation sans entrave.

📝 Cet article a été réécrit avec l’aide de l’IA à partir du contenu de BFMTV.
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