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La Chine va répondre aux préoccupations des États-Unis concernant les pénuries de certaines terres rares, dues aux restrictions imposées par Pékin sur les exportations, a déclaré dimanche la Maison Blanche dans un document présentant les mesures convenues lors du sommet entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping la semaine dernière.
La Chine avait mis en place des contrôles sur les terres rares en représailles aux droits de douane dits « réciproques » imposés par Donald Trump en avril 2025, lors du « Jour de la Libération ». Ces mesures continuent de limiter fortement les exportations de certains minerais, malgré un accord conclu en octobre 2025 au sommet de Busan, en Corée du Sud, où la Chine s’était engagée à « supprimer de manière effective » tous les contrôles à l’exportation de minéraux critiques, selon la Maison Blanche.
Six mois après cet accord, le communiqué de l’exécutif américain semble reconnaître, au moins tacitement, que le régime de contrôle chinois persistera. Washington ne précise pas si l’accord d’un an portant sur un ensemble plus large de restrictions chinoises, qui doit expirer en novembre 2026, sera reconduit.
Le document publié dimanche, qui résume les principaux points du sommet de Pékin, indique que la Chine répondra aux inquiétudes américaines concernant les pénuries de minéraux critiques et de terres rares, notamment l’yttrium, le scandium et l’indium. Il mentionne également que Pékin répondra aux préoccupations sur les restrictions à l’exportation de technologies de traitement des terres rares, domaine où la Chine détient un quasi-monopole.
Contrairement à la Maison Blanche, le ministère chinois du Commerce n’a évoqué aucune question liée aux terres rares dans son communiqué distinct publié samedi pour rendre compte des discussions sino-américaines. « Cette divergence n’est pas idéale, mais ce n’est grave », a déclaré Cory Combs, directeur adjoint du cabinet d’études macroéconomiques Trivium China.
Alors que les licences d’exportation de terres rares pour l’automobile et l’électronique grand public ont été largement accordées, certains secteurs sensibles, où ces minerais ont des applications potentiellement militaires, continuent de souffrir de pénuries. Reuters a rapporté en février 2026 que les pénuries persistantes d’yttrium – un composant de revêtement thermoprotecteur dans les moteurs d’avion – et de scandium, utilisé dans la fabrication de puces, ont gravement affecté le secteur manufacturier américain. Les entreprises du secteur ont fait pression sur l’administration pour qu’elle intervienne auprès de Pékin.
L’indium est l’un des minéraux critiques mentionnés pour la première fois par la Maison Blanche. Il joue un rôle clé dans la chaîne d’approvisionnement des semi-conducteurs et figure sur la liste des produits soumis au contrôle des exportations chinoises depuis février 2025. Son composé, le phosphure d’indium, est essentiel à la fabrication de puces photoniques de nouvelle génération et de lasers optiques à haute vitesse pour les réseaux 6G. Un autre composé, l’oxyde d’indium-étain, est utilisé pour les écrans LED. Les exportations chinoises d’indium ont chuté spectaculairement depuis février 2025 : les expéditions mondiales ont diminué d’environ deux tiers, et de 77 % vers les États-Unis, selon les données douanières.
